Épisodes de gel : Comment avons-nous réagi ?


Le gel au printemps est redouté par tous les viticulteurs. Pourquoi ? En hiver, la vigne est "en dormance" (les bourgeons n'ont pas encore éclos) et ne craint donc pas le gel. Mais au printemps, la vigne a commencé à "débourrer" (les bourgeons éclosent) et les jeunes pousses sont donc sensibles aux températures négatives. 

En quelques heures, la récolte d'une année peut être gravement impactée. Des solutions existent mais aucune ne garantit une protection intégrale. Parmi les actions qui peuvent être mises en place, les bougies anti gel sont une bonne alternative : en fonction des températures annoncées, la densité des bougies varient : entre 200 à 450 à l'hectare. L'allumage de ces bougies est manuelle et nécessite donc beaucoup de main d'œuvre et de commencer avant que les températures ne chutent en-dessous de 0. 

Une autre solution est l'aspersion, très utilisée en Champagne et en Bourgogne. Son principe consiste à asperger d'eau en continu les pieds de vignes. La transformation de l’eau en glace produit de l’énergie et donc de la chaleur et ainsi les bourgeons sont protégés.

Enfin la tour anti-gel correspond à une autre solution. Elle brasse l'air chaud situé en altitude (dans la majorité des nuits gélives de printemps) et l'air froid situé au niveau du sol afin de faire remonter la température. 


Cette année, le mois de Mars a été particulièrement chaud avec des températures moyennes très au dessus des moyennes décennales. La vigne est donc sortie de sa dormance plus tôt qu'habituellement et les bougeons ont commencé à pousser. Mais une vague de froid est arrivé du Nord la première semaine d'avril et les nuits du 7 et 8 avril ont été particulièrement froides. Dans nos vignobles, la température est descendue jusqu'à -4°C par endroits. Nous avons donc protégé nos vignes en utilisant les bougies anti gel.

Au final, après 10 jours de températures nocturnes délicates, nous avons réussi à protéger la très grande majorité des vignes. Seuls 5% d'entre elles sont impactées. Ceci est très peu comparé à d'autres viticulteurs qui ont perdu jusqu'à 100% de leur récolte. Nous tenions également à leur transmettre tout notre soutien dans cette période plus que compliquée !